__.J'avais passé une excellente journée. Et __.voilà, je réalise que tu as toujours ce __.fichu pouvoir sur moi. Cette faculté de __.me foutre la rage ou le moral à zéro en __.moins de deux. Alors que veux-tu que __.je te dise ? J'essaie de vivre, mais je __.vais finir par croire que tu veux m'en __.empêcher.
__.Elle a le droit de caresser mon visage. __.Et tu n'as toujours que mon image, sur __.ton téléphone, ton baladeur, ton __.ordinateur. Oui, elle a droit aux mots __.dits tout bas et tu ne les entends __.toujours pas. Pourtant, rappelles-toi, __.l'opportunité te tendait les bras. Je t'ai __.attendue moi aussi, tu n'étais pas la __.seule à être impatiente à l'idée d'une __.journée qu'on passerait ensemble, rien __.que toi et moi, enfin. Moi aussi, je t'ai __.attendue merde. Alors, souviens-toi, __.s'il te plaît qui a tout gâché. __.Souviens-toi qui a prévu trop tard, __.réalisé trop tard, qui n'a pas su se __.débrouiller assez vite. Souviens-toi qui __.s'est démenée pour se payer un billet __.d'avion, pour faire plus de neuf mille __.kilomètres. Souviens-toi. Tu as tenu la __.distance et souffert en silence. À croire __.que moi, je te faisais souffrir avec le __.sourire, à croire que vraiment, mon __.but dans l'existence était de te __.rabaisser, de te faire mal. Et apparemment, tu le crois toujours. Tu n'es pas le centre de ma vie, tu ne l'es plus, Gaëlle. Tu l'appelles mon « futur » et tu prétends saigner. Tu écris avoir essayé de m'entraîner vers le haut, de me dire que le monde est beau. Tu me hais ? Oui je sais, je voulais que tu me haïsses, parce que c'est une preuve d'humanité. Oui je t'ai fait mal, oui tu as essayé de m'aider. Et tu sais quoi ? Tu as presque réussi. Tu m'as appris certaines choses dont je te suis reconnaissante. Les coups du sort dont tu parles sont le fruits d'un éternel problème de timing. Un problème de réalités. On a eu de nombreux problèmes avec ces deux-là. Tu ne veux pas m'oublier, mais tu crois que je le désire moi ? Je ne t'oublie pas, merde. Et j'ai encore besoin de toi. Je pensais qu'après les discussions calmes et agréables qu'on avait eues ces jours-ci, on remontait doucement la pente. Apparemment, je me suis encore trompée. Ce ne serait pas la première fois, loin de là, que je me trompe à ton sujet, n'est-ce pas ? Tu as écrit qu'on s'est emprisonnées et qu'on n'arrive pas à se délier. Ce ne serait pas plutôt parce que j'arrive à un peu m'échapper et à me construire un bout de vie que tu flippes ? Je ne te reproche plus rien depuis bien longtemps, mais si toi, tu as des choses à me dire, à me jeter à la figure, vas-y, je suis là. Je suis là putain. Je suis toujours là. Tu ne sembles pas t'en rendre compte. Moi aussi, j'ai fait des efforts pour rester, pour rester malgré tout. Que ce soit durant notre relation ou maintenant. Je suis là. Je ne cherche plus la bagarre, et encore moins la guerre. Il serait peut-être temps que tu t'arrêtes de croire à tout ce que ta tête s'imagine. Tu n'aimes pas cette facette de ta personnalité que tu appelles possessive. Alors que fais-tu ? Écrase la. Tu es bien plus forte que ce sentiment vulgaire qu'est la jalousie. Mon alarme c'est mon problème et je t'interdis formellement d'y toucher. Ça ne te concerne pas, ça ne te concerne plus. Personne ne t'a demandé de tout encaisser en la fermant. Je ne te l'ai pas demandé. Je ne te demande rien du moment que tu restes encore à mes côtés. Si ça te démange à ce point-là, casse-toi. Je ne te retiendrai pas. Parce que pour la première fois de toute notre relation, tu auras fait un choix, un choix pour toi, un véritable choix. Tu n'aimes pas ce mot hein ? Je ne joue pas avec ta patience. Et j'imagine que je finirai par digérer ton absence. Mais seulement si c'est ce que toi tu veux. Je crois en toi, je crois en moi. Et je crois en ce que j'ai pu te dire. Je t'ai dit qu'on se retrouverait peut-être un jour, mais qu'en attendant, il n'était pas utile qu'on se monopolise. Parce que j'ai besoin de recommencer à vivre. Tu as prétendu respecter mon choix. Tu as menti. Encore. Je ne sais pas si je crois en nous, le fait est que ce « nous » n'est plus à l'ordre du jour, et je croyais qu'on était toutes les deux d'accord là-dessus. Mes yeux scintillent, mais tu ne les vois pas. Tu ne les as jamais vus. Mes yeux scintillent mais pas pour toi, plus pour toi. Et je ne dis pas ça pour te blesser, je le dis parce que c'est la vérité et que même si celle-ci n'est pas toujours bonne à dire ou à entendre, je me dois d'être honnête. L'honnêteté n'était pas sensée être la base de notre amitié naissante ? Mes yeux scintillent, c'est tout ce qui importe. Je suis en vie. Tu veux que je te retienne ? Tu peux rêver. Parce que tu ne m'as jamais retenue, toi. J'ai dû me retenir toute seule. J'ai essayé d'attraper ta main, mais avec neuf mille kilomètres au milieu, c'était assez difficile de m'agripper. Je ne te retiendrai pas. Il s'agit de tes choix, pas des miens. Je te l'ai dit : j'ai choisi la vie.
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« So fuck you, and all we've been through. I said : leave it !
and did you hate me ? Then hate me so good that you can
let me out of this hell when you're around. Let me out »
Damien Rice - Rotless Tree